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Coup de froid: un hiver « dramatique » pour l’hébergement des SDF

L’actuel pic de froid que connaît la France touche en première ligne les sans-abri, déjà fragilisés par la rue. Mais elle frappe aussi les familles précaires qui, par manque de moyens, ne chauffent plus leur logement.

Ce sont les premiers frappés par la chute des températures qui touche la France depuis quelques jours. Alors que 35 départements sont placés en alerte orange jusqu’à ce samedi soir, le Samu social croule sous les demandes d’hébergements d’urgence pour les SDF. Pourtant, a assuré la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, dans Le Parisien, 128 000 places d’hébergement sont désormais à disposition, alors qu’on n’en comptait 80 000 au début du quinquennat de François Hollande.

« Si tous les hivers sont difficiles, celui-là n’est pas plus difficile que les autres », a-t-elle estimé, répondant au directeur général de la Fnars, fédération d’associations de solidarité. Ce dernier avait qualifié mercredi cet hiver comme « l’un des plus difficiles sur le front de l’hébergement ». Si Florent Guegen reconnaît cet effort sur les places d’hébergement, la réponse du gouvernement trahit « un déni de réalité », assure-t-il à L’Express. Et pour cause, avance-t-il, « sur 45 départements en décembre dernier, 23 557 personnes ont appelé le 115. Parmi elles, 47% n’ont jamais obtenu d’hébergement, soit une personne sur deux », explique le porte-parole, jugeant ces chiffres « dramatiques ».

De Paris à Strasbourg, une « situation catastrophique »

A Paris et Lyon notamment, beaucoup de SDF restent sur le carreau: « En ce moment, dans la capitale, entre 200 et 300 personnes dorment à la rue, chaque soir, après avoir contacté le Samu social », rapporte Florent Guegen. Du côté de Strasbourg, « la situation est catastrophique », estime auprès de L’Express Monique Maitte de l’association Collectif SDF Alsace. Chaque nuit, environ 500 adultes et 80 enfants restent dehors, faute d’avoir pu obtenir un hébergement d’urgence, selon la porte-parole. Interrogé par 20 Minutes, le maire de la cité alsacienne, Roland Ries (PS) parle, lui, d’environ 300 personnes.

« Même si c’est difficile toute l’année, un tel changement de température, ça met un vrai coup au moral, poursuit Monique Maitte. Or, le moral c’est ce qui vous permet de tenir dans la rue. » D’ailleurs, de nombreux sans-abri sont « découragés », raconte Florent Gueguen de la Fnars. « Beaucoup n’appellent même plus le 115, parce qu’ils considèrent qu’ils sont injoignables ou qu’ils n’auront pas de logement. »

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